Qu’est-ce que j’ai écouté de bien cette année ? (de janvier à mars 2026)

Qu’est-ce que j’ai écouté de bien cette année ? (de janvier à mars 2026)

Montage Topsters des disques de janvier à mars 2026

Chose promise, chose due. Plutôt que d’attendre la fin de l’année (ou plutôt le début de la suivante) pour publier un récapitulatif des disques sympatoches, je me suis juré de le faire après chaque trimestre. J’ai laissé tomber depuis longtemps l’idée de faire un top 10 ou même un top 15 annuel, et ai plutôt décidé de séparer tout ça par périodes pour que ça ne soit pas trop indigeste (déjà que bon…).

Voici donc cette première cuvée, avec très exactement dix nouvelles sorties à se mettre sous la dent. Du punk, du hardcore, comme d’habitude ça n’explorera pas vraiment de nouvelles contrées lointaines. Mais ai-je besoin de préciser encore mes goûts musicaux ?

Accès rapide

I Will Die on This Hill, Days Spent (09/01)

Hardcore, Port St. Lucie (Floride, É.-U.)

On commence par un EP de cinq titres et de même pas neuf minutes. Days Spent propose un hardcore bien vénère, notamment le chant qui est particulièrement agressif. Comme bien souvent, ça alterne entre des riffs groovy, des ambiances plus oppressantes et des passages très rapides.

C’est du tout bon pour celles et ceux qui aiment quand ça tabasse. Par contre, je ne saisis pas le concept de l’artwork.


Ghetto Violence, Rob The Dead (09/01)

Powerviolence/hardcore, Los Angeles

Tu cherches un disque de pure violence ? Te voilà servi. Rien que le nom Ghetto Violence en dit long. Sept titres et 10 minutes 30 à se faire remonter les bretelles par une chanteuse qui en a gros sur la patate et par des musiciens qui avoinent de tous les côtés. Si le blast d’introduction ne suffit pas, vous aurez droit au même riff joué en boucle et à des passages d’une lourdeur qui ferait passer n’importe quel mec en boite pour un performative male.


ICE WATER, Crush Your Soul (15/01)

Metal hardcore, New York

Crush Your Soul est un supergroupe rassemblant des musiciens provenant de formations à la petite notoriété comme Mindforce, Simulakra ou Gridiron. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ICE WATER est un beau condensé de leurs capacités.

Il y a de la double pédale à tout va, des riffs très très lourds à la Earth Crisis ou Arkangel, un chant plutôt rapé et aigu qui fait furieusement penser à Incendiary, bref la recette parfaite du metallic hardcore façon années 90. L’ambiance est hostile comme pas possible de la première à la dernière seconde, si l’on y exclut intro et outro.


I Used To Go To This Bar, Joyce Manor (30/01)

Pop punk/emo, Torrance (Californie, É.-U.)

Quatre ans d’attente pour avoir un successeur à 40 oz. To Fresno, ça peut paraître long mais c’est pourtant la durée de gestation de Joyce Manor pour leurs trois derniers efforts. Les mauvaises langues diront que ça fait beaucoup pour seulement neuf titres et 19 minutes de musique (dont une nouvelle version d’une vieille chanson), mais c’est leur mode de fonctionnement : ressortir des démos anciennes, travailler plusieurs versions d’un même morceau et continuer le travail jusqu’à en obtenir le meilleur.

Pour ce nouvel opus, ils ont fait appel à la production à Brett Gurewitz, mythique guitariste de Bad Religion et patron de leur label Epitaph Records. Et ça commence fort avec le très accrocheur I Know Where Mark Chen Lives et son refrain imparable. Un morceau 100% pop punk qui fait mouche d’entrée et qui lance parfaitement cet album.

On enchaine avec Falling into It, son couplet tout en palm mute et nappe de synthé qui finit sur un mini refrain encore une fois très efficace. Vient ensuite All My Friends Are so Depressed, ballade semi-acoustique qui a fait office de premier single et qui rappelle furieusement les Smiths, que ce soit au niveau de la voix que de la structure ou de la mélodie. Plus j’entends ce titre et plus je le trouve réussi, même si on pourrait le qualifier de mielleux de prime abord.

Et ça repart sur Well, Whatever It Was, autre morceau présenté avant la sortie du disque. La formule victorieuse est encore et toujours reprise : riff de guitare doux sur le couplet, refrain mélodique et truffé de chœurs qui accompagnent parfaitement la distorsion.

La chanson qui donne son nom à l’album continue sur cette lancée, avec un son un peu plus punk, et toujours cette faculté à envoyer le solo de guitare qui va bien en sortie de refrain. Je passe sur le reste des morceaux pour m’attarder sur le dernier et non des moindres, Grey Guitar. Probablement le meilleur de tous, on retrouve un hymne emo punk surpuissant, au refrain jouissif (oui, j’insiste beaucoup sur ces parties, mais c’est une marque de fabrique de grande qualité).

En conclusion, I Used To Go To This Bar n’est peut-être pas le meilleur album de la formation, mais il fait largement le taf. Je suis devenu un de leurs fans sur le tard, donc je n’ai pas vraiment suivi leur évolution en temps réel et n’ai rattrapé leurs différentes productions que récemment. Ce disque me parait assez qualitatif pour l’écouter de temps en temps, avec quelques titres marquants qui repasseront plus souvent.


Time Has Not Been Kind to You, YABAI (30/01)

Hardcore, Chicago

Assez particulier la musique que propose YABAI, puisque entre des structures de morceaux typiquement hardcore se glissent quelques passages complètement échevelés. On a parfois au sein d’un même titre des phases plutôt éloignées et des changements d’ambiance assez radicaux, ce qui fait l’originalité de ce groupe.

Mention spéciale pour la dernière chanson Terrify qui accélère, puis ralentit, et donne l’occasion au chanteur de sortir du rap hurlé pour s’essayer à quelque chose d’un peu plus mélodieux, voire barré. En tout cas, je me suis pris au jeu.


Make Them Pay, Emergency Broadcast (01/02)

Hardcore, Londres

Entre le titre de l’EP et la pochette très visuelle, le ton est donné. La bio est succincte mais explicite : « vegan straight-edge, against all forms of oppression« . Autrement dit, Emergency Broadcast n’est pas là pour la déconne.

Effectivement, les riffs sont accrocheurs et les variations de tempo nombreuses, le son de basse bien rondouillard, et le chant féminin puissant bien qu’assez classique pour une formation de hardcore.

Si vous avez onze minutes devant vous et que vous aimez le hardcore à tendance metal, passez-vous ça dans les oreilles et vous apprécierez certainement.


Cradle of Twigs & Bone, Feral Nature (04/02)

Metallic hardcore, Oslo (Norvège)

Ambiance tout à fait oppressante pour ce disque de cinq titres. Il propose un hardcore sombre et lourd, flirtant allègrement avec le death metal voire même le black metal (on est en Norvège après tout, ami·e·s des clichés bonjour) avec une chanteuse à la voix particulièrement aiguë et écorchée.

Même si la vitesse est présente, ça fait en sorte que l’ambiance soit la plus pesante possible, soit avec des riffs faisant le poids d’un âne mort, soit en allant chercher des sonorités agressives. Peut-être qu’il ne vaut mieux pas écouter ça seul·e dans le noir, finalement.


HCPM, Killing Pace (16/02)

Metal hardcore, Richmond (Virginie, É.-U.)

Dix morceaux qui ne font même pas 18 minutes de durée totale, une avalanche de riffs et de blast beats, des titres qui s’enchainent sans aucun moment de répit (ou alors très peu) : autant dire qu’il faut avoir le cœur bien accroché pour survivre à cet HCPM – mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? – des bien nommés Killing Pace.

Un disque pour les champion·ne·s d’apnée tah Jacques Mayol.


Self Evident Truth, The S.E.T. (06/03)

Hardcore, Baltimore (États-Unis)

Si vous suivez un peu la scène hardcore, vous avez dû entendre parler de ce groupe. C’est la formation qui a accueilli Brady Ebert, ancien guitariste de Turnstile qui avait alors été viré discrètement du combo en 2022. On a appris les raisons de son éviction il y a quelques mois seulement : un comportement de plus en plus toxique dû à une consommation excessive de drogues et des menaces envoyées aux autres membres du groupe, qui les ont poussés à demander une ordonnance restrictive à son encontre.

Quelques semaines avant la sortie de Self Evident Truth, il a cette fois-ci été écarté par ses nouveaux compères car il a accusé Turnstile d’hypocrisie et de détournement de fonds. Le dernier épisode en date, et probablement le plus glauque : il a été arrêté pour tentative de meurtre après avoir foncé en voiture sur le père de Brendan Yates, son ami d’enfance avec qui il avait fondé la désormais célèbre formation de Baltimore. Voilà pour la liste exhaustive des événements, qui dépasse malheureusement le simple cadre musical.

En dépit de ces nombreux et regrettables épisodes, le gusse avait retrouvé l’inspiration. Si on se concentre sur la musique, ça envoie du bon gros riffs avec un chant rapé dynamique, faisant penser à des pointures du genre comme Terror ou Madball. En quelques mots : c’est du tout bon.

Ce premier EP de sept titres est déjà une belle promesse, mais on peut tout de même s’interroger sur la direction à venir de la formation suite à l’éviction d’Ebert. Ce dernier parle carrément de cover band pour désigner ce qu’il reste de The S.E.T., ce qui doit certainement faire plaisir à ses anciens camarades.


Feelings on Tick, WIN BIG (12/03)

Rock alternatif/punk hardcore, Adélaïde (Australie)

Ils sont désormais nombreux les groupes ayant un ethos hardcore mais pratiquant une musique plus accessible, lorgnant davantage vers le rock alternatif, la pop, le post-punk, etc. L’exemple le plus emblématique étant évidemment Turnstile, mais je pourrais aussi citer High Vis, Militarie Gun, Drug Church, Angel Du$t, Scowl ou encore MSPaint. WIN BIG est aussi dans cette veine, en proposant des riffs inspirés du hardcore mais avec un son et une production plus « soft ».

Le chant alterne entre passages hurlés et parties claires, mais est résolument mélodique. À quelques exceptions près, ce type de hardcore me laisse plutôt de marbre, mais là c’est un disque agréable à écouter. Bon par contre, faudra m’expliquer le concept de la pochette.


Ainsi s’achève ce chapitre qui concerne les trois premiers mois de 2026. La suite devrait arriver d’ici juillet, voire encore un peu plus loin selon la taille de ma sélection. Je sais que vous êtes impatient·e·s de découvrir la suite mais « tout vient à point à qui sait attendre » (tant pis, fallait que je la place).

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