Les disques que j’ai appréciés en 2025 (octobre → décembre)

Voici que déboule la troisième et dernière partie évoquant les sorties de l’année 2025. Pour ces trois derniers mois, on recense dix albums/EPs qui sont à découvrir sans plus attendre.
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- Don’t Care. Didn’t Ask., Cheap Perfume
- Broken Focus, Broken Focus
- Violent Breed, Turn Cold
- No Escape, SPACED
- The Great Disappointment, Wake the Dead
- Disco Lunch, The Boy Detective
- Bonne Nouvelle, Resto Basket
- Faded Intentions, False Reality
- Incelcore, Violent Sadie Mode
- No Time To Waste!, The Autocratics
Don’t Care. Didn’t Ask., Cheap Perfume (03/10)
Punk/riot grrrl, Colorado Springs (Colorado, É.-U.)
Depuis que j’ai découvert il y a quelque temps de cela leur morceau au titre on ne peut plus explicite, j’ai une affection particulière pour Cheap Perfume. Se revendiquant féministe, la formation passe de nombreux messages à travers une musique percutante, typique du sous-genre appelé riot grrrl.
Six années sans nouvelle sortie, ça commençait à faire long, mais Don’t Care. Didn’t Ask. est là pour y remédier. Le combo propose une musique aux riffs basiques, à la guitare sonnant faussement lo-fi, et aux textes vindicatifs particulièrement mis en avant. Deux voix féminines se superposent quasiment en permanence, mais celle nasillarde de la chanteuse principale se distingue nettement.
Album à écouter si l’ambiance tête de cortège de la marche du 8 mars vous manque.
Broken Focus, Broken Focus (06/10)
Hardcore, Los Angeles
Formation qui a l’air toute nouvelle mais qui est déjà prometteuse. Un premier EP de bien belle facture, avec un son surpuissant et une habilité à passer du quasi-beatdown aux passages archi-groovy en un rien de temps, comme bon nombre de groupes de la même veine. Le tout, en se laissant aller de temps en temps aux two steps et en donnant toute latitude à la vocaliste pour nous montrer ce qu’elle a dans le coffre (et ça envoie).
Cinq titres qui en disent déjà beaucoup et qui donnent envie d’avoir une suite encore plus consistante, le plus tôt possible je l’espère.
Violent Breed, Turn Cold (10/10)
Crossover thrash, Atlanta
Encore du bon gros crossover à riffs de zinzin. Vas-y que ça envoie du son de gratte bien aiguisé et que ça se fait plaisir avec les vibratos avant chaque changement de tempo. Les compos feraient même headbanger des résidents d’EHPAD, le tout accompagné d’un chant bien dynamique et agressif comme il se doit.
On enfile son bandana, sa veste en jean et ses Air Jordan montantes et on se prépare à renverser le pit.
No Escape, SPACED (17/10)
Hardcore, Buffalo (États-Unis)
Imaginons un Turnstile qui aurait continué dans la lignée de l’excellent Nonstop Feeling : c’est un peu le plan proposé par SPACED. Au programme : alternance de riffs directs et de passages bien groovy, chant sans virtuosité particulière mais qui est très bon dans ce qu’il fait (avec des petits passages mélodieux entre les scansions presque rappées) et des morceaux accrocheurs parsemés de solos de guitare çà et là.
Groupe qui sort du nouveau matos à intervalles réguliers et que j’ai déjà eu la chance de voir sur scène : nul doute que la bande de Buffalo dans l’état de New York va continuer de faire parler d’elle et de proposer des choses qui devraient toujours me plaire.
The Great Disappointment, Wake the Dead (31/10)
Hardcore, Marseille
Après un très bon Still Burning sorti en 2020, Wake the Dead revient en 2026 avec un The Great Disappointment lui aussi de grande qualité. Entre-temps, la formation marseillaise aura accueilli Alexandra au chant et démarré un nouveau cycle aboutissant sur ce disque, à la pochette ma foi tout à fait jolie.
Côté production tout d’abord, c’est une valeur montante qui opère et qui met le paquet : Florent Salfati, chanteur des très remarqués LANDMVRKS et propriétaire d’un studio d’enregistrement qui commence à voir défiler du beau monde. On le retrouve d’ailleurs en featuring sur le morceau sobrement intitulé Marseille City, ode à la ville qui ne manque pas de sampler les virages du Vélodrome.
Musicalement, on penche vers le modern hardcore/hardcore mélodique. Je pense forcément à Comeback Kid (dont le morceau emblématique a très certainement donné son nom au groupe), mais aussi à Defeater ou Have Heart : la puissance sert de catalyseur à l’émotion. Du côté des textes, s’il y a comme de coutume des sujets personnels, on a surtout un engagement sur des thématiques liées à l’environnement : Cowspiracy (évoquant la condition animale), Moving Forward, 2050 (le réchauffement climatique) ou encore The Blue Glow (la catastrophe de Tchernobyl).
Des choses pas forcément réjouissantes donc, même si la piste finale laisse transparaitre des motifs d’espoir, en réponse à l’introduction qui donne à entendre des journalistes annonçant des catastrophes écologiques. Tout ne serait pas encore foutu ?
Disco Lunch, The Boy Detective (07/11)
Ska punk, Ypsilanti (Michigan, É.-U.)
Basés à proximité de Detroit, The Boy Detective ont certainement été inspirés par leurs voisins de The Suicide Machines. Pratiquant un ska punk typique de la third-wave ska américaine – où l’on retrouve guitares saturées et cuivres sur les refrains succédant aux couplets particulièrement syncopés – la formation me rappelle encore davantage Less Than Jake. Il n’est donc pas étonnant de retrouver en featuring sur cet album Roger Lima, bassiste et chanteur de ces derniers.
Évidemment, c’est plein d’énergie et d’ondes positives (et de paroles visiblement pas très sérieuses). Un disque sympathique qui rappelle que le ska punk reste un genre vivace.
Bonne Nouvelle, Resto Basket (07/11)
Punk rock, Grenoble
Déjà, j’adore le nom du groupe. Ensuite, ça faisait un petit moment qu’on avait pas eu de chansons entièrement en français ici. Niveau musical, on a affaire à un punk rock assez basique mais à l’efficacité dévastatrice qui rappelle d’autres groupes francophones comme Justin(e), voire Les Sheriff ou Charly Fiasco.
Des textes à tendance nihilistes sur une musique plutôt entrainante et joyeuse, c’est toujours un paradoxe qui fonctionne.
Faded Intentions, False Reality (14/11)
Hardcore, Londres
Alors là, ça rigole zéro. False Reality n’existe que depuis 2023 et vient tout juste de sortir son premier opus, et non des moindres. Faded Intentions envoie banger sur banger, avec des riffs tout à la fois tranchants et bondissants et un chant puissant. Il n’y a qu’un seul guitariste mais bien deux guitares qui se superposent pour envoyer solos et autres « crissements » chaotiques à grand coup de vibratos.
On a là tous les bons ingrédients pour un album de hardcore sauce crossover thrash réussi : la vitesse, le groove, les ralentissements de tempo jusqu’au beatdown et même quelques passages plus « aériens ». Comme évoqué par ailleurs, ça me fait penser à une autre formation anglaise répondant au nom de Broken Teeth.
Ça se permet même une petite power ballad façon Walls of Jericho sur Sonder, bien que ça se conclut sur un pur final métal hardcore. Tout compte fait, le seul défaut de cet album, c’est peut-être bien ce maillot de la Lazio sur la pochette.
Incelcore, Violent Sadie Mode (14/11)
Punk hardcore/riot grrrl, Bordeaux
Que fait une Franco-britannique dénommée Sadie lorsqu’elle est énervée ? Elle passe en Violent Sadie Mode. Ce nom, c’est tout un programme, et c’est la même chose pour celui de l’EP intitulé Incelcore. De toute façon, tout respire la rage, l’envie de dénoncer sur 1 000 sujets différents et de tout foutre en l’air là-dedans. De l’appellation des morceaux aux textes, on en a pour notre argent.
Il n’est pas impossible que la formation vous rappelle Lambrini Girls (qui ont d’ailleurs sorti un joli album cette année aussi, mais il fallait bien faire quelques choix malgré tout…), notamment au niveau du chant qui tient davantage de la complainte éructée plutôt qu’autre chose.
Impossible aussi de ne pas citer Bikini Kill ou Amyl & The Sniffers pour diverses raisons, vous aurez donc compris à quoi s’en tenir. Toutefois, par rapport à tous les noms cités précédemment, on est quand même sur une musique encore plus lourde et agressive. C’est en tout cas un chouette disque qui donne envie d’en entendre davantage (et puis, cet accent british à couper au couteau, c’est toujours un régal).
No Time To Waste!, The Autocratics (19/11)
Ska 2 tone, Tokyo
Le Japon nous a habitués à sortir des groupes de ska reconnus à travers les époques. The Autocratics ne dérogent pas à la règle : une quinzaine d’années d’existence pour ceux qui se définissent comme une formation « post 2 tone ». Et c’est vrai que la définition est parfaite puisqu’ils reprennent tous les codes du genre : l’énergie punk, l’orgue omniprésent, les cuivres endiablés, l’alternance entre morceaux rapides et chansons rocksteady ou reggae plus posées, les titres 100% instrumentaux, etc.
D’ailleurs, comment ne pas directement penser au Ghost Town des Specials dès l’intro du disque ? Durant plus de vingt-cinq minutes, c’est une véritable succession de hits qui donnent envie de bouger son popotin comme jamais, avec des références dans tous les sens : The Specials évidemment, mais aussi Madness (Sunset Over Pink et son piano) et plus étonnant Led Zeppelin (Reggae Reggae Reggae).
C’est sorti en 2025 mais ça aurait pu sortir en 1979 qu’on y aurait vu que du feu. Ça peut parfois être casse-gueule de s’inspirer d’un mouvement bien après son époque dorée mais force est de constater que ça fonctionne parfaitement le cas présent.
Ainsi nous arrivons à la fin de ce top annuel, avec une fois de plus de nombreuses sorties de qualité. Que ce soit en début d’année, au cœur de l’été ou juste avant les fêtes, il y aura eu un grand choix de disques à se mettre sous la dent.
Pour 2026, je pense faire autrement : plutôt que d’attendre la fin d’année (ou plutôt, le premier semestre de celle qui suit) pour faire un récap’ en une ou plusieurs parties, je vais essayer d’en faire un par trimestre si le cœur m’en dit. Stay tuned…
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