Il fallait absolument que je vous parle de Capra

Il fallait absolument que je vous parle de Capra

Capture d'écran du clip pour le morceau "Medusa"

Encore un truc qui sent bon la haine. La Louisiane, vous connaissez ? Ne vous attendez pas à ce que je vous parle de jazz, de blues (quoique…) ou de Lil Wayne. Je n’évoquerai pas plus la scène métal de La Nouvelle-Orléans, du phénomène Acid Bath aux groupes de sludge références – Eyehategod, Crowbar, Down… – , en passant par les 1 458 (j’exagère à peine) projets de Phil Anselmo, l’ancien chanteur de Pantera.

Je vais parler de Capra, une formation qui nous vient de Lafayette – qui doit être un nom de ville aussi répandu que celui de Springfield outre-Atlantique – et qui préfère le « chaotic hardcore », comme le mentionne à juste titre leur page Bandcamp. Le décor est planté.

Les comparaisons vont ainsi de Converge à Every Time I Die en passant par Knocked Loose. Ce sera très parlant pour les connaisseurs et cela constitue une bonne base pour définir le son du groupe, mais je ne le trouve pas aussi facilement définissable. Power violence ? Post-hardcore ? Métal hardcore ? Crust ? Pour résumer, je dirais qu’il est empreint de noirceur, ce qui se ressent d’ailleurs sur l’artwork de leur album In Transmission – dont il sera question dans cet article – ou dans l’atmosphère de leurs quelques clips sortis jusque-là.

Ensuite, je trouve que le groupe a cette capacité à enchainer avec aisance, dans un seul et même morceau, les blast beats, les riffs rapides et puissants, les passages déstructurés répétitifs et les parties qui provoqueront à coup sûr du grabuge dans les mosh pits.

Évidemment, la musique et l’image renvoyée sont là pour accompagner des paroles qui n’évoquent pas vraiment le monde merveilleux des Bisounours. Dans les thématiques abordées : la paralysie du sommeil et les terreurs nocturnes, les relations familiales tumultueuses, les difficultés quotidiennes auxquelles les femmes sont confrontées, la persévérance à travers les difficultés qui nous conduisent à devenir une meilleure version de nous-mêmes ou encore le choix de raconter les peurs du quotidien sous un storytelling de film d’épouvante.

(Pour la déconne, le guitariste et le batteur ont même réussi l’exploit de relancer la mode de la coupe mulet, à tel point que je me suis demandé si j’étais pas devant une caméra cachée de François Damiens.)

Cela nous donne donc des morceaux incroyablement percutants, qui ont chacun leur caractère, et qui s’enchaînent parfaitement. Premier album studio du groupe avec ce line-up (Crow Lotus au chant, Typer Harper à la guitare, Jeremy Randazzo à la batterie et Ben Paramore à la basse), In Transmission s’est vu rallonger de trois morceaux supplémentaires enregistrés durant le confinement, où chaque musicien a dû capturer sa piste à tour de rôle à cause des restrictions en vigueur. Je ne peux pas dire que cela a été fait à la va-vite ou par pur opportunisme, puisque l’ensemble reste cohérent.

Au niveau du chant, on frôle aussi la perfection : il est compréhensible, puissant, bien torturé quand il faut l’être. Surtout, la vocaliste s’emploie à ne pas « forcer », comme on a tendance à (beaucoup trop ?) le subir dans le hardcore. Pas de vociférations à longueur de morceau, juste de quoi jouer avec l’instrumentalisation et donner une dynamique là où on l’attend.

(Et hop, un clip oppressant comme il faut, rappelant le travail des réalisateurs… Ouais non, je vais rien dire, pas envie de me faire insulter par les puristes de cinéma alors que j’y connais rien. Bon allez, je dirais un mélange entre Pulp Fiction, Fight Club et Las Vegas Parano.)

Bref, In Transmission est sorti en cette fin avril 2021, et c’est un brûlot que je vais avoir plaisir à me repasser durant ces prochaines semaines. On se retrouve en fin d’année, car il est certain que ce groupe et cet album vont truster ma rétrospective Spotify et mon top album pour 2021.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *