Les disques que j’ai appréciés en 2025 (avril → septembre)

Les disques que j’ai appréciés en 2025 (avril → septembre)

top disques avril-septembre 2025
montage Topsters des pochettes de disques d'avril à septembre 2025

Vous avez aimé la première partie ? Vous apprécierez certainement la suite. Même si j’aime me laisser aller à d’autres styles musicaux (dans une certaine mesure, faudrait pas déconner non plus), ce sont très souvent les mêmes qui reviennent et qui me marquent. En voici encore de parfaits exemples, même si quelques surprises peuvent s’y glisser.

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Plastic Bags / Packing Tape, TV Sundaze (18/04)

Garage rock, Valence (France)

On commence cette fournée par une formation venant de Valence dans la Drôme et signée sur Howlin Banana, label français de référence de la scène indé. TV Sundaze joue un garage rock assez dansant rappelant les premiers albums des Strokes (oui, j’attaque direct sur les comparaisons), ou bien Johnny Mafia et les Dynamite Shakers du côté de l’Hexagone.

Les textes sont en anglais, les guitares aiguisées avec ce qu’il faut de disto pour envoyer du punch, on y distingue même quelques arpèges pour changer un peu de registre. Pas mal, non ? C’est français !


Injustice 4 All, Skinned Alive (20/04)

Métal hardcore/crossover thrash, Des Moines (Iowa, É.-U.)

Si Des Moines est mondialement connu pour Slipknot, il faut aussi compter sur Skinned Alive. Injustice 4 All est probablement un clin d’œil à l’album de Metallica proclamant l’inverse, même si musicalement on s’en éloigne un tout petit peu. Il y a évidemment des influences venant du thrash metal, mais aussi une grosse vibe du métal hardcore des années 90 type Earth Crisis ou Arkangel.

C’est lourd, ça aime les riffs à base de cordes graves jouées à vide et les changements de tempo. Pour compléter le tableau, on sent également une proximité avec le death metal. Un chouette EP qui décrasse les conduits auditifs.


SPINNER, EYES (25/04)

Noise hardcore, Copenhague (Danemark)

Si vous aimez Converge, The Locust ou The Dillinger Escape Plan, vous aimerez sûrement EYES. Avec son chant d’écorché vif et ses riffs barrés qui partent dans tous les sens, le groupe danois ne fait pas dans la dentelle. Les morceaux ont chacun leur propre identité et nous gratifient de sonorités loufoques, il y a même un côté jouissif à se prendre une telle déflagration sonore en pleine gueule.

Et puis, pourquoi se faire chier à choisir un nom qui claque ou qui ait du sens quand on peut se contenter de quelque chose d’ultra-basique ? Nul doute que la formation se fait davantage remarquer pour sa musique et son univers original, que l’on retrouve notamment dans ses clips.


La Fête, La Flemme (25/04)

Garage punk, Marseille

Le groupe qui monte, monte… Un nom rigolo pour une formation qui n’a eu de cesse d’être encensée dans la presse spécialisée, jusqu’au plateau de Quotidien. On ne va pas se mentir, c’est plutôt mérité. Leur premier LP au nom évocateur, La Fête, est un concentré de fuzz, de synthés psychédéliques et de riffs à l’énergie brute.

Tout est en français, le chant alterne entre la voix douce de la bassiste et celle plus « détachée » du guitariste, les compos sont variées (du brulot punk aux deux accords à la ballade lascive) et transmettent chacune une atmosphère différente, bref c’est clairement un premier essai largement transformé.

M’est d’avis qu’on reparlera de La Flemme et des autres formations marseillaises qui émergent de la même scène comme Technopolice, Avee Mana ou Catchy Peril. Bientôt dans le festival rock près de chez toi ?


Control, Xiao (02/05)

Hardcore/powerviolence, Stockholm (Suède)

J’avais déjà parlé de Xiao en 2023, et cette nouvelle cuvée 2025 est toute aussi bonne. La recette est inchangée : un hardcore ô combien chaotique et dissonant, un chant agressif et puissant, des morceaux dépassant rarement les deux minutes et qui s’enchaînent à toute vitesse.

C’est un peu dans la même lignée que EYES cité précédemment et que Bad Beat évoqué juste au-dessous.


LP 2025, Bad Beat (23/05)

Hardcore/powerviolence, Detroit (États-Unis)

S’appeler Bad Beat et ne pas être un groupe de ska, je sais pas pourquoi mais ça m’a surpris. Quoi qu’il en soit, ce disque sobrement intitulé LP 2025 réussit l’exploit de proposer quatorze morceaux en un peu plus de treize minutes trente : on sait clairement à quoi s’attendre.

Le chanteur hurle comme un damné, les riffs alternent entre rapidité extrême et lourdeur métallique, c’est basique mais clairement surpuissant. On prend du blast beat plein la figure et les quelques ralentissements de tempo permettent tout juste de reprendre sa respiration. Ça fait donc cet effet de se manger un uppercut.


Black Sunday Live At The Royal Albert Hall, Cypress Hill & London Symphony Orchestra (06/06)

Hip-hop, Los Angeles

Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas Cypress Hill, c’est l’un des noms mythiques du hip-hop west coast. La formation est connue pour ses instrus dark ou rock, sa fâcheuse propension à parler de substances psychoactives et le flow extrêmement reconnaissable de B-Real, l’un de ses deux MCs. Voilà pour les présentations.

Il était donc quelque peu difficile de les imaginer se retrouver au complet (MCs, DJ, percussionniste, contrebassiste, etc.) en costume, à rapper sur une bande-son complétée par… un orchestre symphonique, et dans l’une des salles de concert les plus prestigieuses au monde. Et pourtant, c’est bien cette rencontre improbable qui a eu lieu et qui a forcément été captée (eh oui, Les Simpsons avaient aussi prédit ce crossover).

Le moins que je puisse dire, c’est que c’est une véritable réussite. Plus d’une heure vingt de live à dérouler l’album Black Sunday dans son intégralité, plus quelques autres tubes parmi les plus marquants de la formation. Sorti en 1993, leur deuxième opus studio est certainement le meilleur de tous, avec une succession de hits légendaires qui sont ainsi réinterprétés façon musique classique.

Si certains morceaux sont très reconnaissables (comme Insane in the Brain) et d’autres beaucoup moins (comme Illusions), il y en a plusieurs dont il se dégage une atmosphère singulière. À commencer par le surpuissant I Ain’t Goin’ Out Like That et son intro particulièrement épique que l’on croirait tirée d’une BO de film. Et puis quand le refrain est repris par le public… Brrr, j’en ai encore des frissons.

Les chansons défilent, celles évoquant la fumette sont nombreuses et confèrent une ambiance encore plus surréaliste à la prestation. On navigue entre le côté jazzy insufflé à ce Hand On The Glock new look et un Dr. Greenthumb qui rappellerait presque un bon Western.

Évidemment, le set se termine sur (Rock) Superstar et, quand on connaît l’original, cette version n’est pas vraiment différente.

Je ne suis pourtant pas un grand fan des albums live, mais là je dois admettre que je suis resté sur le cul tellement la réunion de deux entités que prétendument tout oppose s’avoue être un véritable coup de génie. À qui le tour ?


Watling Street Chambers, Kicked in the Teeth (07/06)

Punk hardcore, Northwich (Royaume-Uni)

Le Cheshire, vous connaissez ? Vous allez penser au Cheshire Cat d’Alice aux pays des merveilles, mais il s’agit d’un comté du Nord de l’Angleterre situé juste au-dessous de Liverpool et Manchester. Ce sont sur ces terres méconnues qu’a vu le jour Kicked in the Teeth, une formation au nom quelque peu évocateur.

En effet, sa musique est un punk hardcore aux accents parfois mélodiques. Ça joue plutôt vite et il y a une bonne poignée de morceaux à la vibe rock’n’roll façon The Bronx ou Zeke.

Le seul reproche que je pourrais faire à Watling Street Chambers, c’est de laisser entendre un chant quand même assez monocorde sur la durée. Pas bien grave, puisque l’album n’est pas très long et les compos suffisamment prenantes pour que ce soit un vilain défaut.


Ollie, Heartwells (08/07)

Skate punk, Long Beach (Californie, É.-U.)

Déjà présent dans le top l’an dernier, Heartwells remet ça cette année avec son nouvel EP Ollie. Avec un nom pareil, pas la peine de préciser qu’il s’agit d’un groupe très influencé par la culture skate et plus précisément le skate punk.

Morale de l’histoire : ça joue vite, ça envoie du solo de guitare un peu dans tous les sens, mais ça sait aussi ralentir un peu le tempo, faire place aux cuivres et utiliser des rythmiques ska punk.

Pas de grande révolution donc par rapport à l’année passée, mais pourquoi changer une recette qui marche et ne pas s’appuyer sur des influences parfaitement digérées ?


Twist Off!, Twist Off! (31/07)

Hardcore, Las Vegas

Encore et toujours le hardcore. Direction cette fois-ci le Nevada et sa célèbre cité du vice, où l’on retrouve Twist Off! proposant une musique assez bondissante. La prod’ sonne assez lisse alors que les compos sont plutôt efficaces, ce qui est dommage. La façon de chanter et la voix me rappellent celles du vocaliste de Fu Manchu, dans un autre registre stylistique.

De la musique chaude comme une excursion dans le désert en Ford Mustang.


Adol-essence, The Dollheads (22/08)

Pop punk, Las Vegas

Nouveau groupe de Las Vegas, cette fois-ci avec The Dollheads. Deux sœurs et un frère pour un power trio particulièrement jeune (sont-elles et est-il seulement majeur·e·s ?) mais qui envoie déjà du bois.

Rien de bien original mais c’est on ne peut plus efficace : des riffs à trois ou quatre accords max joués à fond la caisse, un chant mélodique qui sonne juste avec même une pointe d’éraillement chez la vocaliste, bref la recette est archiconnue mais parfaitement maitrisée.

Ça reprend les codes de toute cette vague de formations façon ramonescore comme Teenage Bottlerocket, The Mendozaz, DeeCRACKS, Grumpster et tant d’autres. Le genre à sortir des albums, splits et EPs à la pelle à tel point qu’on ne saura plus où donner de la tête. En attendant, Adol-essence est un disque très cool.


Now And The Future, Horace Pinker (12/09)

Punk rock mélodique, Chicago

Voilà un groupe qui a plus de 35 ans de carrière et dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à présent. Et c’est sacrément dommage, puisque je les découvre donc avec leur dernier album en date qui est grandement sympathique.

Now And The Future est un condensé de punk mélodique, riche en chœurs et en guitares qui se superposent et se complètent. Ça sonne très 90’s, ça me fait beaucoup penser à des groupes que j’adore (ou que j’ai adorés) comme les Français Burning Heads et Uncommon Men From Mars ou les Australiens Hard-Ons.

Ah oui, au cas où vous aussi vous vous poseriez la question « mais qui est Horace Pinker ? », eh bien il s’agit du nom d’un tueur en série dans le film d’horreur Shocker de Wes Craven. Si je peux rendre service…


You Are Not Alone, American Television (19/09)

Punk rock mélodique, Washington D.C.

La capitale états-unienne est une place forte de la scène punk et hardcore, et American Television est bien là pour le rappeler. Son EP You Are Not Alone est une démonstration de ce que le style peut proposer de meilleur : le chant clair, les riffs rapides, deux guitaristes qui se complètent parfaitement et des mélodies entrainantes.

Toujours sympa d’écouter de la musique qui veut transmettre une émotion.


Pluto’s Kiss, Pluto’s Kiss (23/09)

Hardcore, Toronto (Canada)

On termine par dix morceaux de pur hardcore qui tiennent en douze minutes trente. Si vous aimez les groupes comme Madball ou Terror, vous serez servis. Blast beasts, passages groovy et breaks ravageurs s’enchaînent comme à la parade, saupoudrez le tout d’un chant bien énergique et on a là un bon disque qui défoule. Maintenant, c’est l’heure de secouer la tête.


Voici un nouveau chapitre qui se clôt. Rendez-vous est donné pour le prochain, en attendant vous pouvez rattraper le précédent si jamais vous l’avez manqué (quelle drôle d’idée).