Les disques que j’ai appréciés en 2025 (janvier → mars)

Les disques que j’ai appréciés en 2025 (janvier → mars)

top disques janvier-mars 2025
montage Topsters des pochettes de disques de janvier à mars 2025

Cette année encore, impossible d’élaborer un top 10 clair et immuable, j’ai donc repris l’idée de partager les disques de 2025 en trois périodes. Ainsi, je vais commencer par parler de ceux qui m’ont marqué pour les trois premiers mois. Une fois de plus, on va beaucoup voyager, tourner autour des mêmes styles et faire des découvertes. Let’s go !

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Moral Jerk, Church Clothes (01/01)

Punk hardcore, New York

Premier jour de l’année et déjà un disque qui fait fuir la gueule de bois. Il a une pochette très… singulière, mais musicalement c’est du tout bon. Ça joue vite, la chanteuse est particulièrement énervée, et on a affaire à du joli punk hardcore « canal historique », avec même un petit côté hardcore’n’roll parfois. Parfait pour décuver, je vous dis.


Demo 2025, Retract (03/01)

Hardcore, New Hampshire (États-Unis)

Cinq titres et un peu plus de dix minutes de hardcore qui tabasse comme il faut. Ça groove comme je l’aime, avec un chant féminin rageur et parfaitement intelligible. Les morceaux s’enchainent à toute vitesse avec quelques breaks qui font éminemment secouer la tête. Tout ça est bien prometteur, j’espère qu’iels vont poursuivre sur cette lancée très bientôt.


Symptoms, Disgusting News (17/01)

Hardcore, Bielefeld (Allemagne)

Curieusement, j’arrive toujours à placer des groupes germanophones dans mes tops ces derniers temps. En voici encore un avec Disgusting News qui, sur son album Symptoms, alterne entre l’anglais et l’allemand. La formation pratique un hardcore plutôt mélodique qui me fait penser à War on Women, et le chant féminin me rappelle davantage celui de Surreal Fatal, autre combo allemand dont j’ai déjà parlé par ici.

Un disque bien sympa pour celles et ceux aimant le hardcore qui ne soit pas que de la surpuissance et de la vitesse, mais qui au contraire sait se montrer plus subtil et « aérien ».


By Your Side, Shutdown (17/01)

Hardcore, New York

Pourtant fan de la scène hardcore new-yorkaise, je dois bien avouer que je n’avais jamais entendu parler de Shutdown jusqu’à ce jour. Pour ma défense – et même si c’est une formation qui était parait-il une référence dans les années 90 – il s’agit de son premier disque depuis 25 ans, avec cet EP nommé By Your Side.

On est sur un son typique des groupes de La grosse pomme des années 80 façon youth crew comme Gorilla Biscuits, Youth of Today voire H2O pour prendre une référence plus moderne. Des riffs basiques et supersoniques, un chant qui fait majoritairement dans la scansion mais qui verse parfois dans le mélodique, et surtout une efficacité redoutable pour retourner un pit.

Six titres et un bon quart d’heure de musique pour réviser ses classiques.


North by Southwest, Let Me Downs (23/01)

Pop punk, Tacoma (Washington, É.-U.)

Vous avez déjà entendu parler de Tacoma ? Il ne s’agit pas d’une chaîne de fast-foods tex-mex, mais d’une ville dans l’état de Washington. On connaissait The Evergreen State pour sa scène musicale bourgeonnante, avec notamment les mouvements grunge (du côté de Seattle) et riot grrrl (émergeant à Olympia, la capitale d’état).

Voici donc que ce très prolifique état nous gratifie d’un nouveau groupe de qualité avec Let Me Downs. Je ne sais pas à quoi fait exactement référence le titre North by Southwest, mais j’ai envie d’y voir un clin d’œil au style de la formation du Pacific Northwest, qui lorgne clairement du côté du sud de la Californie. Elle joue un pop punk mélodique où le chant est bien souvent nonchalant mais les riffs sont ô combien accrocheurs.

Une bande-son idéale pour sortir le cabriolet, respirer à plein nez l’air marin de la côte et dégainer les Ray-Ban pour se protéger du soleil brûlant (même si ce n’est pas vraiment le délire du côté de Tacoma).


In Your Head, Birch Beer (31/01)

Hardcore, Saint-Jean de Terre-Neuve (Canada)

Birch Beer, c’est un soda à base d’extraits de bouleau mais aussi un groupe de hardcore canadien qui ne fait pas dans la finesse. C’est pied au plancher du début à la fin (sept petites minutes pour cet EP), la chanteuse est pleine de rage, et il y a quelques mosh parts qui vont mettre beaucoup de monde d’accord.

C’est court mais ça laisse largement le temps de transpirer à grosses gouttes.


Demo 2025, Direct Order (07/02)

Hardcore, Edmonton/Calgary/Winnipeg (Canada)

Trois villes d’origine pour les membres du groupe, pour quatre titres sur cet EP. Direct Order propose une musique sans compromis, avec des riffs de trois ou quatre accords tout au plus. Ça me fait penser à 7 Seconds voire à Backtrack pour citer une formation plus récente. Parfaite démonstration que ça n’a pas besoin d’être complexe pour être jouissif.


Feed the Fire, Nebraska (08/02)

Punk, Marseille

Voilà un retour qui fait plaisir. Nebraska, on pourrait presque considérer ça comme une réunion de vétérans puisque les différents membres ont bourlingué parmi plusieurs formations de la scène punk et hardcore marseillaise, sachant que ce groupe n’est pas non plus tout jeune. Ils avaient plus ou moins disparu des radars ces dernières années, avant donc la sortie de cet excellent EP de 6 titres.

On retrouve tout ce qui fait leur marque de fabrique : des compos aussi punchy que mélodiques, des chœurs omniprésents et quelques petits solos bien sentis. Est-ce que Marseille, c’est la Californie française ? On dirait bien que Feed the Fire est un argument de poids pour répondre par l’affirmative, puisqu’il est tout simplement impossible de ne pas sentir l’influence des grands noms qui ont forgé la scène punk de cet état américain dans les années 90.


BIDE BATEN ESANAHIA, Brigade Loco (21/02)

Punk/oi!, Bergara (Pays Basque)

Originaire d’une ville industrielle comme seule le pays basque espagnol sait en faire, Brigade Loco aime la oi! et les noms en lettres capitales. Avec BIDE BATEN ESANAHIA, la formation propose un disque de qualité, où l’on retrouve toutes les caractéristiques du style qui font mouche comme les mélodies entêtantes et le chant grave et éraillé. Le morceau d’ouverture ETEN a d’ailleurs pas mal tourné ces derniers temps chez moi.

Toutes les chansons sauf une sont chantées en basque, c’est truffé de refrains à rallonge appuyés par des chœurs imposants, et ça donne envie d’hurler à son tour les paroles même si on est bien incapable d’en comprendre un traitre mot. On peut même profiter d’une ballade au piano et au violon pour clôturer l’album.

Et puis rien que pour cette pochette magnifique qui fleure bon le prolétariat, ce disque en vaut la peine. Visiblement, ça roule encore ce genre d’engin.


Soap Box Hero, Punchcard (22/02)

Punk, San Diego (États-Unis)

Pour les amateurs du genre, il y a un joli disque de punk californien à ajouter à sa collection. Punchy bien comme il faut, Soap Box Hero est un album qui illustre très bien la vitalité du style. La mélodie, la vélocité, la basse bien audible, le batteur qui se fait plaisir et les guitares qui aiment jouer dans les aigus de temps en temps : on en connait à la pelle des groupes comme ça mais c’est toujours plaisant quand c’est réussi.

Punchcard évolue sur un spectre allant du pop punk le plus simpliste au skate punk le plus technique, passant également par le ska punk et autres petites surprises. De quoi varier les plaisirs et proposer quelque chose de complet pour capter toutes les sensibilités. On a même le droit à une reprise de l’immense What’s Up de 4 Non Blondes dans une version particulièrement musclée. Toujours pas convaincu·e·s ?


Violence Prevails, Chemicide (28/02)

Thrash metal, San José (Costa Rica)

Ce qui est bien avec les groupes de thrash, c’est qu’il suffit généralement de regarder la pochette – et plus spécifiquement le logo du groupe – pour identifier leur style dès le premier regard. Chemicide a beau venir du Costa Rica, la règle n’en reste pas moins vérifiable. Violence Prevails, le doux nom de leur album, est également un bon indicateur de ce à quoi il faut s’attendre.

Quoi qu’il en soit, la formation nous venant de la capitale costaricienne fait dans le thrash old school façon Metallica des débuts. Évidemment, je sortirai ma traditionnelle comparaison avec Power Trip, ou alors j’innove un peu plus en citant Enforced, dont j’ai déjà parlé plusieurs fois ici. Il y a cette prod’ qui ajoute une sorte d’écho sur les voix et les solos de guitare, comme un peu tous les disques du genre passés ou présents.

Rien d’original en somme mais le disque est suffisamment bon pour qu’il ait retenu mon attention.


Hereditary, Hereditary (14/03)

Hardcore, San Diego (États-Unis)

Comme le nom le laisse à penser, on est bien sur une formation hardcore (à tendance crossover thrash). Les riffs qui rebondissent, les ralentissements de tempo ravageurs et le chant rappé font penser à une référence du genre comme l’est Biohazard, et c’est clairement un compliment. Hereditary est une jeune formation et sort là un premier LP de très belle qualité, tant au niveau de la prod’ que des compositions.

L’avantage aussi de ce genre de groupe, c’est qu’en écoutant leur musique on sait que ça sera un sacré bordel en concert. Faudra pas trainer dans les premiers rangs, quoi.


Web of Lies, Passed Out (23/03)

Hardcore, Cologne/Bonn (Allemagne)

Quasiment un quart d’heure à avoir l’impression de se faire engueuler par une ex qui aurait beaucoup de choses à nous reprocher. Venant d’Allemagne, Passed Out propose un hardcore métallique avec quelques passages beatdown bien sentis et des riffs bondissants particulièrement ravageurs.

Encore une fois pas grand chose d’original, mais ça l’exécute de fort belle manière. Le chant, qui passe du spoken word aux braillements, est peut-être le petit élément qui démarque un peu ce groupe, même si ce n’est bien sûr pas un cas unique que d’entendre un·e vocaliste procéder de la sorte.


Spring Demo, Staring Contest (31/03)

Hardcore, Indianapolis (États-Unis)

Vous en avez désormais l’habitude, mais ça va causer female-fronted hardcore. Staring Contest envoie du bon gros riff éclair sur un chant surpuissant. Ça tape comme un sourd sur les fûts de la batterie, la basse se fait entendre comme il se doit et la guitare a décidé de tout renverser sur son passage. Du break pour chambouler le pit en veux-tu ? Du break pour chambouler le pit en voilà !


C’en est donc fini pour les disques du premier trimestre 2025. Suivront évidemment les 2e et 3e parties pour couvrir le reste de l’année. Stay tuned, comme on dit dans la langue d’Elvis Presley.