Ma rétrospective Spotify 2021 (Spotify Wrapped)

Ma rétrospective Spotify 2021 (Spotify Wrapped)

Aperçu de ma rétrospective Spotify Wrapped 2021

C’est bon, j’y ai eu accès. Il a fallu attendre le passage du Père Noël et un nouveau téléphone pour pouvoir accéder à ma rétrospective Spotify 2021. Alors que j’étais au taquet dès le 1er décembre pour le fameux Spotify Wrapped, celui-ci plantait systématiquement, rendant l’expérience au mieux incomplète et frustrante, au pire impossible. Après avoir essayé différentes techniques pour résoudre ce problème visiblement bien embêtant pour tout le monde (y compris pour les équipes de la plate-forme de streaming), un changement d’appareil m’a enfin permis de pouvoir contempler l’étendue de mon année musicale.

Pourquoi je vous raconte ma vie comme ça, me direz-vous ? Disons que ça aide à remettre les choses dans leur contexte, et que ça permet aussi de trouver une introduction à cet article sans trop se casser la tête. Sans plus attendre, voici les morceaux et artistes qui ont rythmé 2021. OKAAAY LET’S GOOO !

TOP ARTISTES

Pas vraiment de variété cette année, puisque je retrouve cinq groupes punk dans mon top 5. Des légendes (Rancid, Dropkick Murphys et les inusables Bad Religion que je place dans les premières places du classement pratiquement tous les ans), un petit nouveau qui monte (Sincere Engineer) et une institution dans son sous-genre (The Suicide Machines).

Rancid

Le premier grand nom punk de la liste. Formé en 1991 dans la baie de San Francisco, Rancid est devenu au fil des ans une référence du genre. D’album en album, ils ont su maintenir leur réputation et perpétuer la créativité de leur son. Car Tim Armstrong – dont j’ai déjà parlé plusieurs fois en ces lieux – et ses acolytes aiment bien varier les plaisirs. Tantôt dans une veine street punk voire carrément hardcore (Radio, Radio, GGF, Out of Control, etc.), tantôt donnant dans un pop punk imparable (Ruby Soho, Fall Back Down, etc.), jusqu’à finir par des titres ska irrésistibles (Time Bomb, Old Friend, Red Hot Moon, etc.). Et tout ça, dans un seul et même album de préférence.

L’album … And Out Come the Wolves, avec sa pochette iconique, fait partie de mes skeuds favoris. Ce ne sont pas moins de 19 titres qui s’enchainent et où on ne trouve rien à jeter, avec bon nombre de titres emblématiques qu’il serait trop long de citer et de détailler.

Une des particularités du groupe, c’est le partage du chant entre Tim Armstrong (voix grave rocailleuse et plutôt monocorde, avec des fois une élocution qui laisse à désirer) et Lars Frederiksen (voix puissante, bien plus aiguë et parfois éraillée) qui, selon le morceau, se révèle drôlement efficace.

Difficile également de ne pas évoquer le jeu de basse de Matt Freeman, mélodieux comme rarement dans le punk et qui apporte sa touche de génie pour sublimer les riffs démoniaques des guitares. Le morceau Maxwell Murder avec son solo de basse ébouriffant est le meilleur moyen de juger de sa virtuosité.

Rancid est un groupe sur lequel j’aime bien revenir de temps en temps et enchainer les albums, car c’est toujours l’assurance de passer un moment agréable. C’est parfois un peu long mais quand la qualité est au rendez-vous, on ne va certainement pas bouder notre plaisir.

Si j’avais toutefois un bémol à rajouter : faudrait tourner plus souvent en Europe les gars.

Dropkick Murphys

Une référence du punk celtique. Formés en 1996 et originaires de Boston, les Dropkick Murphys jouent un savoureux mélange de punk, de folk et de musique traditionnelle irlandaise. Les guitares saturées se mêlent ainsi à d’autres instruments tels que la cornemuse, le banjo, la mandoline, le bouzouki, l’accordéon ou encore le tin whistle (ou flûte irlandaise). Il n’est d’ailleurs pas rare que le groupe du Massachusetts reprenne des classiques du folklore irlandais, britannique ou américain.

Si le groupe aime donner dans les ambiances festives, il a su quelque peu faire évoluer son style au fur et à mesure : aux bases oï/street punk des débuts se sont greffés de plus en plus d’éléments de la musique celte, jusqu’à tirer davantage vers le folk rock que vers le punk ces dernières années.

Parmi les sujets de prédilection abordés par le groupe : la fierté de ses origines irlandaises et ouvrières, la vie à Boston et ses équipes de sport, la famille et les amis, l’alcool et la fête, etc. Bref, des thématiques on ne peut plus stéréotypées mais pouvait-on raisonnablement s’attendre à autre chose ?

Pour moi (et aussi pour beaucoup), le point d’orgue de leur discographie est l’album The Warrior’s Code de 2005, où l’on retrouve l’immense classique I’m Shipping Up to Boston, utilisé par Martin Scorcese dans son film Les Infiltrés. Cet album regroupe tout ce qui fait le succès du groupe : le punk, les instruments et chants traditionnels, les chœurs fédérateurs, l’esprit de fête, etc. Tout y est réuni pour un disque de punk celtique digne de ce nom.

Mais ce serait réducteur de classer les Dropkick Murphys uniquement comme une pointure de ce sous-genre, tant leur musique a su marquer les esprits à travers l’ensemble de la scène punk, rock et hardcore.

Si ces joyeux lurons ont débarqué dans mon top artistes de l’année, la sortie de leur dernier effort Turn Up That Dial n’y est pas étrangère. Après un 11 Short Stories of Pain & Glory décevant, j’ai trouvé ce nouvel opus particulièrement réussi. Il reprend la formule « traditionnelle » de leur son puisque combinant toujours aussi efficacement les différentes influences et les différents « univers » du groupe dans un cocktail détonant. Pas une surprise donc de le retrouver dans mes albums préférés de l’année.

Allez, on va désormais espérer les voir en concert pour la première fois dans les mois à venir. Car DKM est un groupe qui tourne à plein régime sur scène, lorsqu’il est l’occasion de passer un bon moment.

Sincere Engineer

J’avais déjà évoqué le quatuor de Chicago dans mon article dédié aux musiciennes. Pratiquant un savoureux mélange entre punk, indie rock et emo, Sincere Engineer est pour moi la découverte de l’année (aux côtés de Capra, lire par ailleurs).

L’opus sorti en fin d’année Bless My Psyche sera assurément dans mon top albums de 2021. J’aime aussi bien la façon de chanter de Deanna Belos que cette tendance systématique à créer des mélodies accrocheuses. Je trouve qu’il y a quelque chose de joyeux qui arrive bien souvent à se dégager, alors que les thématiques des morceaux ne sont dans l’ensemble pas vraiment portées sur l’optimisme.

Le groupe est aussi adepte des clips illustrant quasiment mot pour mot les paroles des chansons, et l’on y retrouve systématiquement ou presque le décor typique de la banlieue américaine tranquille, où toutes les maisons se ressemblent et ont des jardins sans clôture.

Si ça ne vous donne pas envie de faire du vélo et de manger des glaces tout ça…

Bad Religion

Que dire sur Bad Religion ? Plus de 40 ans de carrière, 17 albums studio, d’incessantes tournées et une réputation qui n’est plus à faire au sein de la scène punk. Des débuts DIY avec la fondation du label (et véritable game changer) Epitath à l’incursion chez une major, de la courte séparation ayant suivi la sortie du farfelu Into the Unknown aux changements de line up inévitables pour un groupe d’une telle longévité, les Californiens auront su traverser les époques et être de véritables précurseurs dans bien des domaines.

Maîtres incontestés du hardcore mélodique et du skate punk, leur influence est colossale sur l’ensemble de la communauté et leurs textes sont cruellement d’actualité, même plusieurs décennies après leur sortie. Si on a tendance à présenter les précurseurs du punk que sont les Ramones ou les Sex Pistols comme des ados provocateurs et aux mœurs pas forcément recommandables, le mouvement s’est davantage « intellectualisé » et politisé dans le sillage des Clash et de cette vague dénommée hardcore (à laquelle Bad Religion appartient), prenant ses racines aux États-Unis majoritairement du côté de Washington DC ou de la Californie.

À titre d’exemple Greg Graffin, fondateur-chanteur et seul membre permanent du groupe, est diplômé en géologie et en biologie, docteur en zoologie et donne des cours de sciences naturelles à l’UCLA, l’une des principales universités américaines. Ça fait classe sur un CV et ça donne une idée de ce à quoi on peut s’attendre en termes de paroles, avec bien souvent une clairvoyance inégalée pour traiter ce qui relève du social, de la politique et de la religion. Graffin est avec Brett Gurewitz (co-fondateur du groupe, guitariste désormais intermittent et patron du label Epitath) le principal auteur-compositeur du combo et, honnêtement, mieux vaut avoir un Harrap’s à portée de main pour comprendre parfois le sens de certains mots employés.

Est-ce que Bad Religion est mon groupe préféré ? Certainement, et c’est la raison pour laquelle j’y reviens très souvent. Il faut dire qu’ils n’ont (presque) aucun mauvais albums, et que ceux-ci durent généralement autour de la demi-heure. Par dessus tout, leurs solides prestations scéniques sont toujours des moments uniques puisqu’ils puisent allègrement des morceaux différents de leur abondant répertoire, histoire de varier les plaisirs chaque soir.

Pour moi, la période charnière de leur existence s’étale de 1988 à 1996, soit de Suffer jusqu’à The Gray Race. Le premier nommé a donc mon âge, est une référence absolue dans le milieu et fait bien évidemment partie de mes albums fétiches. Chaque morceau est comme une nouvelle claque dans la gueule, et l’ensemble est d’une homogénéité inégalable et inégalée. Les pistes du disque ne sont peut-être pas les plus gros classiques du groupe (encore que), mais ce sont assurément des œuvres majeures dont on ne peut se lasser.

Enfin, si je devais sortir une seule chanson de ces quatre décennies (série en cours) à envoyer du bois, ce serait You tellement elle représente pour moi ce qu’est le son Bad Religion. Que ce soient sa rapidité et sa longueur, la mélodie du chant, la puissance des chœurs qui vous prennent aux tripes et bien sûr la finesse de l’écriture, tout y est absolument parfait. La magie peut donc opérer.

Vu la récurrence avec laquelle Bad Religion apparait dans mes rétrospectives année après année, il n’est pas dit que je sois si exhaustif les prochaines fois. Mais je trouverai toujours quelque chose à dire sur les meilleurs d’entre nous, soyez-en certains.

The Suicide Machines

Je parlais récemment du groupe du Michigan dans mon top albums 2020 car j’ai beaucoup apprécié leur dernier album Revolution Spring. Il a été un point de départ pour revenir sur la discographie des Suicide Machines et me pencher sur des sorties plus anciennes. Inéluctablement, ça a généré un temps d’écoute assez conséquent.

Et puis surtout il y a ce morceau, Sometimes I don’t Mind. Je l’ai beaucoup fait tourner ces derniers temps, et pour moi il incarne parfaitement ce qu’est un tube pop punk des années 90-2000 : la mélodie catchy mid-tempo teintée de soli basiques, le refrain assaisonné de chœurs puissants qui reste en tête et le chant clair parfaitement intelligible. Étonnant que cette chanson ne soit pas davantage un classique du genre et qu’elle n’ait pas eu plus de succès, à une époque où The Offspring ou Green Day avaient ouvert la voie du mainstream à ce style encore assez confidentiel. Mais peut-être qu’une chanson qui parle de la relation entre un chien et son propriétaire était destinée à avoir ce genre de destin, finalement.

TITRES PRÉFÉRÉS

Sur le podium, on retrouve trois morceaux early reggae, dont deux des Upsetters. Ce bon Lee « Scratch » Perry nous ayant quittés en 2021, ceci n’est évidemment pas une coïncidence.

Night Doctor, The Upsetters

La 1re place revient au titre Night Doctor, que j’ai parait-il écouté 10 fois cette année d’après la plate-forme de streaming. Issu du mythique album Return of Django de 1969, il est typique de la période que l’on appelle rétrospectivement early reggae : tempo plus rapide et contretemps plus marqué que son prédécesseur rocksteady, orgue Hammond complètement psychédélique et morceau entièrement instrumental. Comme je l’ai déjà évoqué dans d’autres articles, c’est ce type de banger qui fut aussi classé comme skinhead reggae puisque la musique jamaïcaine de cette période est appréciée par les membres de cette sous-culture.

En ce qui concerne The Upsetters, il s’agit d’un groupe de studio et backing band de tournée fondé par Lee « Scratch » Perry. Au line-up mouvant et ayant vu passer de véritables légendes du reggae, il avait pour vocation d’accompagner les artistes que Perry produisait (notamment les Wailers ou Max Romeo) mais aussi d’officier en son nom. Il y aurait beaucoup de choses à dire d’ailleurs sur l’un des plus grands producteurs que l’île a vu naître, sur son génie comme sur ses excès de folie, mais cela mériterait un article plus détaillé.

What is This (Ba ba), The Reggae Boys, The Upsetters

On retrouve le morceau What is This sur l’album Clint Eastwood de 1970, qui est en fait le successeur de Return of Django. Cette fois-ci les Upsetters accompagnent les Reggae Boys, un groupe vocal comme on en faisait beaucoup à l’époque (et qui est, si j’ai bien compris, un des innombrables noms de substitution pour désigner The Pioneers). Sur une instru implacable et plus sobre en l’absence d’un clavier tout feu tout flamme, les harmonies vocales prennent le dessus. Pour couronner le tout : cette petite mélodie entêtante et incessante dans l’instru, qui va parfaitement avec la rythmique qui donne envie de taper du pied.

It Must Be True Love, The Maytals

Dernier morceau reggae de cette rétrospective, le sublime It Must Be True Love par The Maytals sorti en 1971, à l’époque où le groupe ne s’appelait pas encore Toots and the Maytals. J’avais déjà évoqué le sens de la mélodie et la qualité des morceaux du légendaire combo lors de la mort de « Toots » Hibbert en 2020, et je dois dire que ce morceau ne déroge pas à la règle. Une instru discrète s’efface derrière les talents de chanteur de Toots, bien appuyé par les choeurs charmeurs de ses deux comparses. Un joli morceau qui emplit le cœur de légèreté et de gaieté.

Just Like Heaven, The Cure

Un classique parmi les classiques. Entre l’intro basse/batterie, l’arrivée de la guitare acoustique 12 cordes, le clavier précédant le solo de guitare électrique et enfin le chant de Robert Smith en mode joyeux, Just Like Heaven est un de ces tubes que l’on reconnait aux premières notes. Le genre de chanson imparable et intemporelle, qui plait au plus grand nombre.

Je trouve que The Cure fait partie de ces groupes que l’on apprécie davantage avec l’âge : n’étant de base pas un grand fan de la mythique formation Britannique, j’étais même plutôt moqueur lorsque je les voyais arborer ces coupes de cheveux impossibles et ces vêtements amples. Mais on n’est pas toujours très fin lorsqu’on est jeune…

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, les goûts évoluent/s’affinent/s’élargissent (au choix) et l’on va plus loin que les clichés, sans rester sur sa première impression. Faute d’avoir pris le temps d’explorer plus largement leur pléthorique répertoire, je me suis arrêté sur leurs chansons les plus emblématiques. Il faut dire que même en se concentrant sur une dizaine ou une vingtaine de chansons, on a un éventail assez large pour apprécier l’évolution de leur son. Post punk, cold wave, ambiances gothiques ou hymnes pop enjoués donnent effectivement un contraste saisissant.

In Between Days est peut-être mon morceau préféré parmi tous ceux-là, mais c’est bien Just Like Heaven qui a été le plus écouté (toujours ces histoires de playlists perso et de « date d’entrée » des chansons). Je trouve d’ailleurs la construction de ces deux titres assez similaire, au point que je les confondais volontiers fut un temps.

Et maintenant, il est l’heure de profiter d’un peu de douceur et de se laisser prendre au piège de sa mélodie.

Wrong Way/One Way, RVIVR

Encore un groupe dont j’avais parlé dans mon article spécial 8 mars. RVIVR débarquent tout droit d’Olympia dans l’état de Washington et donnent dans un punk mélo fortement teinté de politique (et qui parle bien souvent des sujets d’identité sexuelle ou d’identité de genre). Ce morceau est une véritable tuerie qui représente parfaitement ce qu’est le style du groupe : alternance entre riffs rapides, soli toujours bien sentis et passages plus posés. Le tout via une complémentarité que je trouve assez unique aussi bien au niveau du chant que du jeu de guitare.

Bref, c’est un titre canon, parfait pour se défouler et bouger frénétiquement sa tête de façon quasi instinctive.

Voilà pour cette rétrospective « Wrapped Spotify » 2021. De toute évidence, l’année écoulée a été pour moi celle de la consolidation des fondamentaux puisque le punk et le hardcore, mes deux styles « fétiches », ont été ceux que j’ai le plus écoutés. Bon en même temps, c’est pas comme si j’avais énormément changé mes habitudes les années précédentes…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.